Positionnement politique · 2027

Où se situe Osons l'Avenir

Une cartographie honnête du paysage politique français. Les convergences et les désaccords avec chaque force, assumés sans diplomatie de façade.

8
Forces analysées
4
Axes politiques
96
Mesures financées

Cartographie politique 2027

Quatre dimensions indépendantes pour situer chaque force politique. Aucun axe ne se déduit d'un autre : on additionne ou non selon les sujets. Osons l'Avenir, en relief, ne s'aligne sur aucun parti existant.

Stratégie politique
VISION GESTION
R!
LFI
Osons
l'Avenir
RN
EELV
Ruffin
PS
LR
Macron.
NE
Rôle de l'État
PROTECTION LIBERTÉ
LFI
Ruffin
EELV
PS
Osons
l'Avenir
RN
R!
Macron.
LR
NE
Politique étrangère
SOUVERAINETÉ ATLANTISME
R!
RN
LFI
Ruffin
Osons
l'Avenir
EELV
PS
LR
Macron.
NE
Rapport au système
RUPTURE STATU QUO
LFI
R!
EELV
Ruffin
RN
Osons
l'Avenir
PS
LR
Macron.
NE

Pour chaque parti : ce qui converge, ce qui diverge

Lecture qualitative des points d'accord et de désaccord avec chacune des principales forces politiques de 2027.

RN
Rassemblement National
Bardella · Extrême droite, hors de l'arc républicain

Le RN est un parti d'extrême droite. Son histoire, ses cadres, ses alliances européennes (Orbán, post-fascistes italiens, AfD, VOX) et son financement étranger documenté l'établissent sans ambiguïté : le Rassemblement National a emprunté 9 M€ en 2014 à une banque russo-tchèque liée au Kremlin, faute de prêteur français disposé, au moment précis où Moscou cherchait des relais en Europe occidentale.

L'électorat RN : les millions de Français qui votent RN expriment une colère légitime face à l'insécurité, à l'immigration mal gérée et au déclassement économique. Cette colère mérite d'être prise au sérieux, pas instrumentalisée. Le programme traite chacun de ces sujets : fermeté réelle sur l'immigration (expulsions effectives, ciblage des employeurs exploiteurs), pouvoir d'achat structurel (autoroutes nationalisées, train à 49 €, Pix public), sécurité chiffrée (30 000 policiers supplémentaires, 20 000 places de prison), souveraineté industrielle (nucléaire, spatial, fin de l'extraterritorialité américaine).

Le programme RN : aucun chiffrage sérieux, aucun financement identifié. La promesse phare des retraites à 60 ans n'est adossée à aucune ressource (coût estimé : 30 à 50 Md€/an). Rien pour l'hôpital, l'éducation, les aidants, les violences conjugales. Le virage libéral de Bardella (62 % du contre-budget en baisses de charges) contredit les attentes sociales de sa propre base. L'alliance avec Orbán, le FPÖ, l'AfD et VOX compromet la souveraineté nationale que le parti prétend défendre : on ne peut pas être indépendant et aligné sur Budapest et Moscou.

Ce que le programme adresse à cet électorat

  • Immigration : fermeté réelle (expulsions, conditions), cibles précises (employeurs exploiteurs, pas boucs émissaires)
  • Pouvoir d'achat structurel (autoroutes en régie, train 49 €, Pix gratuit)
  • Sécurité chiffrée (30 000 policiers, 20 000 places de prison)
  • Souveraineté concrète (nucléaire, spatial, fin de la prédation américaine)

Ce que le RN ne fournit pas

  • Aucun programme chiffré, aucun financement identifié
  • Rien pour l'hôpital, l'éducation, la culture, les aidants, les violences conjugales
  • Le virage libéral de Bardella (62 % du contre-budget) contredit les attentes sociales de sa propre base
  • Aucun bilan de gestion, aucune expérience de gouvernement
Le RN capte la colère sans jamais la résoudre. Le programme prend cette colère au sérieux et y répond par 96 mesures financées. La différence entre un tract et un projet de gouvernement.
R!
Reconquête / Identité-Libertés
Zemmour, Marion Maréchal · L'identitarisme essentialiste, opposé point par point au programme

Reconquête et ses héritiers (Identité-Libertés de Marion Maréchal) s'opposent point par point au programme sur le plan philosophique. Le programme se fonde sur l'universalisme républicain (article 10 de la Déclaration de 1789 : la laïcité protège la liberté religieuse de tous, sans hiérarchie entre les religions). Reconquête se fonde sur un essentialisme ethno-culturel qui définit une « civilisation européenne » prétendument menacée par l'islam et ne distingue pas islamisme politique et pratique religieuse ordinaire.

Sur l'islamisme : le programme combat l'islamisme politique en protégeant les 5 millions de musulmans français qui le subissent au quotidien. Reconquête utilise l'islamisme comme prétexte pour stigmatiser tous les musulmans visibles. Les deux formations peuvent prononcer les mêmes mots (souveraineté, laïcité, islamisme) sur des fondations philosophiques radicalement incompatibles. Lorsque Zemmour propose l'interdiction du voile dans l'espace public, il n'applique pas la laïcité : il la retourne, en imposant une norme vestimentaire étatique à la place d'une autre.

Bilan : 7 % en 2022 sur un programme mono-thématique, éclatement interne (Zemmour a exclu Marion Maréchal en 2024), aucune mesure sur l'hôpital, l'école, les retraites, le pouvoir d'achat, le logement, l'écologie ou le handicap. Les alliances avec Meloni, Orbán et Abascal contredisent la souveraineté française revendiquée : ces partenaires ont des positions documentées favorables à Poutine et compromettent la défense européenne que la France doit contribuer à bâtir.

Leur méthode : l'obsession identitaire

  • Instrumentalisation de la laïcité pour cibler une religion : contraire à l'article 10 de 1789
  • Interdiction du voile dans l'espace public : atteinte directe à la liberté individuelle
  • Confusion entretenue entre 5 millions de musulmans français et quelques milliers d'islamistes
  • Aucune mesure sur l'hôpital, l'école, les retraites, le pouvoir d'achat, le logement, l'écologie, le handicap
  • Alliances avec les post-fascistes européens (Meloni, Orbán, Abascal)
  • Parti éclaté (Zemmour a exclu Marion Maréchal en 2024). 7 % en 2022 sur un programme mono-thématique

La méthode du programme : la République précise

  • Article 10 de 1789 réaffirmé : la laïcité protège la liberté religieuse, elle ne la persécute pas
  • Lutte ciblée contre l'islamisme politique : dissolutions documentées, financements étrangers plafonnés à 10 000 €/an pour TOUS les cultes, contrat d'engagement républicain des associations cultuelles
  • Tolérance zéro pour l'antisémitisme ET l'islamophobie : la République ne protège pas une religion contre une autre, elle protège tous les citoyens
  • 96 mesures qui touchent à la vie quotidienne réelle : santé, école, retraites, sécurité, pouvoir d'achat, logement, dépendance, handicap
  • Politique étrangère gaulliste : aucune alliance avec les post-fascistes européens, équilibre ni-alignement-US ni-Russie
Le programme et Reconquête ne sont pas situés sur le même axe. Ils s'opposent. L'islamisme politique est un vrai problème que la République doit traiter avec fermeté. En faire le seul sujet politique de la France, c'est manquer de sérieux et abandonner les millions de Français qui attendent qu'on soigne leurs hôpitaux, qu'on finance leurs écoles, qu'on protège leur pouvoir d'achat. Le programme refuse cette diversion identitaire : non par tactique, mais par fidélité à la République.
LFI
La France Insoumise
Mélenchon · Le bon diagnostic, le mauvais remède

LFI partage avec ce programme une grande partie du diagnostic social. Les divergences portent sur la méthode et sur des failles documentées.

Laïcité à géométrie variable : seul parti de gauche à boycotter la marche contre l'antisémitisme du 12 novembre 2023. Des élus ont participé à la marche du CCIF en 2019 malgré ses liens documentés avec les Frères Musulmans. Mélenchon a utilisé de façon répétée des tropes antisémites documentés (Braun-Pivet "campant à Tel Aviv", double allégeance imputée à Guedj, ironie sur la prononciation d'"Epstein" condamnée par la LDH en 2026), sans aucune sanction interne.

Constituante et risque autoritaire : La constituante promise est séduisante : refondation démocratique, assemblée citoyenne, participation directe. En interne, LFI fonctionne à l'opposé : purges des élus dissidents (Corbière, Autain, Garrido), aucun vote interne contraignant depuis la fondation, soutien à Quatennens malgré sa condamnation pour violences conjugales. Ce précédent interne, couplé à l'indulgence documentée envers Poutine, Maduro et le régime iranien, rend le risque concret : la constituante vénézuélienne de 2017, soutenue par Mélenchon, a concentré les pouvoirs entre les mains d'un seul homme en éliminant l'opposition parlementaire.

Sectarisme doctrinal : LFI qualifie systématiquement de « droite » les forces de gauche qui divergent de sa ligne, s'érigeant en seule gauche légitime. Ce mécanisme a un précédent documenté : la doctrine « social-fascisme » du Komintern (1928-1934) a interdit toute alliance avec les sociaux-démocrates au nom de la pureté doctrinale ; en Allemagne, elle a empêché l'union contre Hitler. Mélenchon revendique l'héritage jacobin : historiquement, le purisme doctrinal fragmente les alliés et profite à l'adversaire commun.

Convergence sur le diagnostic

  • Hôpital, éducation, logement (250 000 neufs/an, SRU exécutoire, bail solidaire)
  • Proportionnelle, RIC, vote blanc
  • Fiscalité (taxer les dividendes, supprimer les niches)
  • Violences conjugales, transparence salariale, handicap (AESH)
  • Jeunesse 18-25 : CEJ universel à 600 €/mois (équivalent allocation autonomie)
  • EHPAD : reprise en main du privé lucratif après Orpea
  • Métiers pénibles : retraite à 57/59/60 ans selon exposition
  • Eau bien commun, cantine scolaire à 0 € pour les plus pauvres
  • Mercosur refusé, intermittents sanctuarisés, libraires indépendantes

Divergence sur la méthode et les choix

  • Sortie du nucléaire (le programme construit 6 EPR2)
  • Suppression de la BAC vs 30 000 policiers supplémentaires
  • Sortie de l'OTAN vs défense à 3 % du PIB
  • Complaisance envers les régimes autoritaires non-occidentaux vs gaullisme lucide
  • Laïcité à géométrie variable (CCIF 2019, boycott marche nov. 2023) vs laïcité universelle
L'électeur qui partage les convictions sociales de LFI mais tient à la laïcité républicaine, au gaullisme lucide face aux autoritarismes et à un programme chiffré trouvera dans ce programme un cadre crédible pour les mêmes ambitions.
LR
Les Républicains
Retailleau · La fermeté sans le social

Le gaullisme avait deux jambes : la souveraineté et la solidarité. Sous Retailleau, LR n'en conserve qu'une. Ce qui s'appelle encore « Les Républicains » en 2027 n'est plus le parti de Séguin, de Barnier ou de Chirac, qui liait l'autorité de l'État à la responsabilité sociale de l'État.

Ce qui reste : la fermeté sécuritaire et l'orthodoxie budgétaire, héritages assumés du chiraquisme tardif. Ces convergences avec le programme sont réelles. Mais LR les découple de leur contrepartie sociale : la sécurité sans les services publics, l'ordre sans la justice. Depuis 2017, Retailleau a progressivement aligné LR sur l'agenda du RN pour capter un électorat en fuite, brouillant l'identité propre du parti et légitimant ce qu'il prétendait combattre. Sur les retraites à 64 ans, LR n'a proposé aucun financement alternatif pour les métiers pénibles, que ce programme traite spécifiquement (retraite à 57, 59 ou 60 ans selon l'exposition).

Ce qui a disparu : l'hôpital, l'école, le handicap, les aidants sont absents du programme LR. Sarkozy avait effacé l'héritage gaulliste de souveraineté militaire en réintégrant le commandement de l'OTAN en 2009. LR n'a jamais répondu à l'extraterritorialité américaine (14 Md$ d'amendes sur les entreprises françaises), ni défendu le nucléaire civil comme outil souverain, ni proposé de nationaliser les autoroutes arrivées à échéance. La fermeté sans le social, l'autorité sans la souveraineté : une seule des deux jambes gaullistes.

Convergence

  • Défense à 3 %, fermeté sur l'immigration
  • Simplification administrative, rationalisation des agences

Divergence

  • LR réduit les services publics. Le programme réduit la machine administrative et renforce les services.
  • Aucun plan pour l'hôpital, les enseignants, le handicap, les aidants
  • Absent sur la culture, l'outre-mer
  • Soumission historique aux États-Unis (Sarkozy a réintégré le commandement de l'OTAN, LR n'a jamais défendu la souveraineté face à l'extraterritorialité américaine)
  • Pas de proportionnelle, pas de RIC
L'électeur gaulliste social qui cherche la fermeté et les services publics n'a plus de raison de rester chez LR. Le programme offre les deux.
NE
Nouvelle Énergie
Lisnard · La droite libérale sans la solidarité ni les comptes

David Lisnard, maire de Cannes depuis 2014, ancien président de l'AMF, a fondé Nouvelle Énergie en 2024 autour du triptyque « Liberté, Ordre, Dignité » : la devise républicaine est réécrite dans une grille libérale-conservatrice, « Ordre » remplaçant « Égalité », « Dignité » remplaçant « Fraternité ». La doctrine assumée : ordo-libéralisme, État recentré sur le régalien, capitalisation des retraites, baisse des dépenses publiques, suppression de la carte scolaire.

Le point d'accord : la France garde des ressources réelles (333 Md€ de santé, recherche d'excellence, capacité industrielle, dynamisme local) et son problème principal tient à la gouvernance, pas à un déclin fatal. 87 % du territoire en désert médical, 20 heures par semaine de tâches administratives pour un médecin : sur ce diagnostic, les deux programmes convergent.

Le désaccord de méthode : Lisnard sort la tronçonneuse (capitalisation, médecine libérale au cœur, fiscalité locale réduite, suppression de la carte scolaire, sans chiffrage) ; le programme préfère le scalpel (rationalisation administrative, hôpital investi, 6 EPR2, autoroutes nationalisées, retraite à pénibilité, chaque mesure adossée à son euro). Aucun chiffrage n'apparaît dans le programme principal ni dans les carnets Santé (mai 2026) et Agriculture (février 2026) : annoncer une « réduction massive des dépenses publiques » sans préciser lesquelles, à quelle échéance, pour quel impact, reste une posture.

Convergence

  • France aux capacités préservées, à la gouvernance défaillante
  • Bureaucratie qui étouffe soignants et acteurs locaux
  • Déserts médicaux, numerus clausus déconnecté des besoins
  • Souveraineté sanitaire, télémédecine, DMP, infirmiers en pratique avancée

Divergence

  • Capitalisation des retraites contre répartition avec pénibilité (57, 59 ou 60 ans)
  • État recentré sur le régalien contre services publics renforcés
  • Critique fiscale concentrée sur les « taxes » (impôts à destination affectée, par construction les plus transparents) ; les impôts généraux qui alimentent un budget opaque restent moins frontalement visés
  • Absent chez NE : hôpital public, EHPAD lucratifs, aidants, handicap, AESH, violences conjugales
  • Silence sur autoroutes nationalisées, Pix public, extraterritorialité américaine, 6 EPR2
  • Aucun chiffrage du programme principal ni des carnets thématiques
Tronçonneuse libérale contre scalpel républicain : Lisnard a le diagnostic, il lui manque le chiffrage et la jambe sociale du gaullisme. L'électeur de droite libérale exigeant y trouvera une rupture cohérente ; celui qui attend un projet de gouvernement financé regardera ailleurs.
PS
Parti Socialiste
Hollande, Hidalgo, Faure · Les bonnes idées sans le courage

Le PS porte des idées proches de ce programme sur l'éducation, la santé, les droits sociaux et les institutions. La proximité programmatique est réelle et sincère sur un large périmètre : violences conjugales, transparence salariale, logement, écologie de gouvernement.

Le poids de l'héritage : le quinquennat Hollande a transformé une compétence réelle en réputation de renoncement. Alstom vendu sans condition de maintien industriel, promesses fiscales abandonnées dès la première loi de finances (CICE substitué à une TVA sociale, ISF allégé, taxe sur les transactions financières réduite à son minimum), Hidalgo à moins de 2 % en 2022. Depuis, une reconstruction sous Faure par alliances de circonstance avec LFI qui brouille la ligne sur la laïcité, l'immigration et la sécurité. Les idées sont souvent justes ; la capacité à les tenir jusqu'au bout manque structurellement depuis 2012.

Les divergences de fond : le PS reste ambigu sur la fermeté sécuritaire (couvre-feu, expulsions, certitude de la peine), sur le nucléaire bas-carbone et sur la défense à 3 % du PIB. Ce sont trois positions structurantes pour ce programme, sans lesquelles la sécurité reste une promesse creuse, la transition climatique arithmétiquement impossible et la souveraineté française une posture. Ces ambiguïtés ne sont pas tactiques : elles découlent d'une famille de parti qui n'a jamais tranché entre son aile gestionnaire (Hollande, Cazeneuve) et son aile NUPES, et qui a renoncé à imposer ses arbitrages à l'une comme à l'autre.

Convergence forte

  • Éducation, santé, familles, handicap
  • Institutions, Europe réformée
  • Violences conjugales, transparence salariale, endométriose

Ce qui sépare

  • Fermeté sécuritaire (couvre-feu, expulsions, 30 000 policiers)
  • Énergie pro-nucléaire assumée
  • Défense à 3 % du PIB
  • L'héritage Hollande (un quinquennat de promesses non tenues) et l'alliance avec LFI pèsent sur la crédibilité du parti
Hollande a converti une compétence réelle en réputation de renoncement (Alstom, CICE, ISF, taxe sur les transactions financières). Hidalgo a fini sous 2 % en 2022. Faure reconstruit par alliances avec LFI qui brouillent la laïcité, la fermeté et la souveraineté. Ce programme se revendique de la République (1789, 1905, 1944, 1958), sans étiquette de parti à perpétuer ni héritage socialiste à reprendre.
EE
Les Écologistes
Tondelier · L'urgence climatique sans la stratégie de pouvoir

Les Écologistes portent l'urgence climatique avec une cohérence que peu d'autres ont. Leur diagnostic sur la rénovation thermique, l'agriculture, la biodiversité, l'eau et l'économie circulaire rejoint largement ce programme, qui emprunte sans hésiter ce qui a fonctionné en gestion municipale (Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Grenoble).

Trois angles morts chroniques : le refus dogmatique du nucléaire (seule électricité décarbonée et pilotable à l'échelle française ; sans le parc nucléaire, le passage aux énergies intermittentes impose un recours au gaz en base, ce qui aggrave les émissions à court terme) ; l'oscillation tactique permanente entre alliance NUPES et identité propre, qui brouille le message sur le climat ; l'instabilité d'incarnation (Jadot 2022, alternance Bayou-Tondelier, débats internes constants sur le rapport à LFI) qui nuit à la crédibilité gouvernementale.

Le résultat structurel : un plafond autour de 5 % à la présidentielle, alors que la sympathie écologique des Français en vaut trois fois plus. Le programme assume ce que les Écologistes évitent : nucléaire bas-carbone (6 EPR2 et prolongation du parc), défense à 3 % du PIB (sans défense souveraine, les normes climatiques ne s'imposent pas à l'échelle européenne), État régalien capable d'appliquer les règles environnementales. L'urgence climatique mérite une stratégie de pouvoir capable de l'exécuter, pas seulement de l'annoncer.

Convergence sur l'écologie réelle

  • Rénovation thermique massive : 500 000 logements/an, tiers-financement, baisse immédiate des factures
  • Plan emplois verts : 200 000 postes par filière d'ici 2030, reconversion des bassins industriels
  • Agriculture : prix planchers, transition agroécologique, fin des cages 2032, droit au répit
  • Biodiversité, ZAN, pollution lumineuse, forêts (ONF, coupes rases)
  • Économie circulaire, TVA 5,5 % sur la réparation, lutte contre l'obsolescence
  • Eau bien commun, tarification progressive, gratuité du 1er bloc vital
  • Encadrement loyers + 250 000 logements/an + SRU exécutoire
  • Mercosur refusé, clause de sauvegarde nationale activée
  • Transparence salariale, égalité H/F, handicap (AESH dans la fonction publique)
  • Pluralisme médiatique, lutte contre la concentration éditoriale

Ce que le programme assume et qu'ils refusent

  • Nucléaire bas-carbone : 6 EPR2 + prolongation du parc (sans nucléaire pilotable, la transition est arithmétiquement impossible en France)
  • Défense à 3 % du PIB et souveraineté assumée (l'écologie ne peut pas s'arrêter aux frontières d'un pays sans défense)
  • 30 000 policiers supplémentaires et certitude de la peine (l'État régalien fonctionne aussi pour les politiques environnementales)
  • Redéfinition de la croissance plutôt que décroissance imposée : la rénovation, les mobilités, l'industrie décarbonée créent de l'activité ; les indicateurs intègrent désormais biodiversité, ressources et qualité de vie
  • Droit de vote des étrangers : non, indissocié de la nationalité (que les Écologistes prônent dans leur programme)
  • Refus des alliances de circonstance (NUPES) qui brouillent la ligne et désorientent l'électeur
À l'électeur écologiste qui voit l'urgence climatique et veut un projet de gouvernement qui ne s'effondre pas au premier choix arithmétique : le programme prend l'écologie au sérieux (500 000 logements rénovés par an, 200 000 emplois verts par filière, agriculture transformée, eau bien commun, fin des cages 2032) tout en assumant les conditions de sa réussite : nucléaire bas-carbone, défense souveraine, État régalien qui exécute. L'écologie sans pouvoir reste un rapport ; l'écologie au pouvoir change la France.
FR
François Ruffin
Candidat 2027 : l'intuition juste, mais pas le programme

Candidat déclaré à la présidentielle de 2027, Ruffin est le seul à gauche à parler aux électeurs populaires sans les mépriser, en allant les filmer dans leurs usines, leurs maisons de retraite, leurs supermarchés. Son honnêteté intellectuelle et sa capacité à écouter les gens ordinaires sont des qualités rares en politique. Sa rupture avec Mélenchon en 2024 confirme qu'il refuse le modèle organisationnel de LFI. Sa bande dessinée Picardie Splendor (mai 2026) nuance pourtant cette image : en se mettant en scène comme le héros de chaque récit, le passeur des invisibles glisse vers le sauveur.

Les convergences : la critique du modèle Alstom (vente des fleurons industriels sans conditions de maintien), de l'exploitation des travailleurs immigrés par des employeurs peu scrupuleux, des concessions autoroutières prolongées, de la grande distribution qui écrase les prix agricoles. L'exemplarité incarnée (NousPresident.fr, rémunération au SMIC, refus des avantages parlementaires) correspond à ce que le programme attend de ses élus. La colère populaire qu'il documente est la même que celle que les 96 mesures cherchent à résoudre structurellement.

Le manque structurel : aucune position développée sur la défense nationale, le nucléaire, la cybersécurité ou la politique étrangère. Aucun chiffrage ni financement identifié sur aucune mesure. Aucun parti, aucun appareil, aucune capacité à former un gouvernement, à rédiger un budget de 500 Md€ ou à négocier un traité européen. L'intuition juste et l'exemplarité personnelle sont nécessaires pour régénérer la politique. Elles ne suffisent pas à gouverner un État de 68 millions d'habitants.

Convergence

  • Exploitation des immigrés par les employeurs
  • Pouvoir d'achat, agriculture, autoroutes
  • Critique des monopoles et de la grande distribution
  • Exemplarité (NousPresident.fr, rémunération au SMIC)

Ce qui manque

  • Aucune position structurée sur la défense, le nucléaire, la cybersécurité
  • Rien sur l'outre-mer, la politique étrangère, la dissuasion
  • Aucun chiffrage, aucun financement identifié
  • Sans parti, sans appareil, sans capacité à former un gouvernement
Ruffin a l'intuition et l'honnêteté. Le programme a les 96 mesures, le chiffrage et la vision complète. Les deux se complètent plus qu'ils ne s'opposent.
EP
Macronistes
Éd. Philippe, Darmanin, Attal · Huit ans au pouvoir, un bilan à assumer

Le macronisme s'était érigé en parti de la compétence et du « en même temps ». Huit ans plus tard, le bilan dément la promesse sur ses propres termes : les deux jambes économique et sociale ne se tiennent pas.

Le bilan : dette à plus de 110 % du PIB, déficit toujours supérieur à 5 % malgré les hausses d'impôts de 2024, hôpital saturé, école dégradée, industrie cédée (Alstom vendu, turbines rachetées 200 M$ sans le logiciel de contrôle). Autoroutes prolongées à 55 Md€ de bénéfices pour les concessionnaires. Extraterritorialité américaine sans riposte malgré 14 Md$ d'amendes sur les entreprises françaises. Suppression de l'ISF en 2017 : transfert de 3 à 5 Md€/an vers les patrimoines les plus élevés sans effet démontré sur l'investissement productif en France.

La méthode : gouverner par 49.3 à répétition, humilier les corps intermédiaires, mépriser les maires, ignorer les syndicats, puis s'étonner des gilets jaunes et d'un Parlement ingouvernable. La dissolution surprise de juin 2024 a aggravé l'instabilité institutionnelle sans la résoudre. Le macronisme a concentré le pouvoir au sommet, réduit le Parlement à une chambre d'enregistrement, remplacé le débat par la « pédagogie ». Le programme fait l'inverse : proportionnelle, RIC, convention citoyenne, chambre des territoires, suppression du 49.3.

Ce qui a été tenté

  • Simplification administrative (résultats limités)
  • Politique pro-entreprise (au détriment des services publics)
  • Expérimentation cannabis thérapeutique (lancée, pas conclue)

Ce qui n'a pas été fait

  • Hôpital, AESH, crèches : dégradés malgré les annonces
  • Alstom vendu puis turbines rachetées 200 M$ (sans le logiciel de contrôle)
  • Autoroutes : 55 Md€ de bénéfices pour les concessionnaires, concessions prolongées
  • Défense sous 2,5 % malgré la guerre en Ukraine
  • Aucun système de paiement souverain (le Brésil a Pix depuis 2020)
  • Extraterritorialité américaine : aucune riposte malgré 14 Md$ d'amendes sur les entreprises françaises
Le programme corrige chaque échec du macronisme, un par un, avec les financements identifiés et les adversaires nommés que le pouvoir sortant n'a jamais osé affronter.

Le programme emprunte à la droite gaulliste la souveraineté et la fermeté, à la gauche sociale l'hôpital, l'éducation et la redistribution, aux écologistes l'exigence environnementale. À personne : le clientélisme, la complaisance envers les autoritarismes, la promesse non financée.