Logement vacant : le programme citait un chiffre brut non mobilisable et taxait sans distinction de profil
« En zone tendue, les logements réellement vacants et mobilisables représentent 118 330 biens, soit 1,5 % du parc vacant total. Les causes de vacance sont majoritairement structurelles : succession bloquée, passoire thermique, propriétaire en perte d'autonomie. »
Sources : Cour des comptes, rapport sur la lutte contre les logements vacants dans le parc privé, mai 2025 ; INSEE Focus 359, parc de logements au 1er janvier 2025 ; INSEE Première 2064, sous-occupation des résidences principales, juillet 2025
Ce qui était incorrect
La mesure logement justifiait la taxe sur la vacance en citant "3 millions de logements vacants". Ce chiffre brut INSEE comptabilise aussi les successions bloquées, les passoires thermiques inhabitables et les biens entre deux locataires. La taxe s'appliquait à "tout logement vide depuis plus de 12 mois en zone tendue" sans distinction de profil de propriétaire.
Analyse
Le chiffre de 3,1 millions est exact comme total brut (INSEE Focus 359, 2025), mais il ne reflète pas le stock mobilisable en zones tendues. La Cour des comptes établit que seuls 118 330 logements vacants se situent là où la demande excède l'offre. Les causes de vacance sont structurelles : un propriétaire en EHPAD présente 4,6 fois plus de risque de vacance, le bâti d'avant 1900 trois fois plus. Taxer indistinctement frappe des propriétaires démunis, pas des spéculateurs. La sous-occupation, elle, est documentée par l'INSEE Première 2064 : 25 % des résidences principales sont en sous-occupation sévère, dont 86 % sont des maisons occupées par leurs propriétaires, et 60 % ont un occupant de 60 ans ou plus.
Rectification apportée dans la mesure logement du programme
Le chiffre "3 millions de logements vacants" a été retiré et remplacé par le chiffre réel issu du rapport de la Cour des comptes : 118 000 logements réellement mobilisables en zone tendue. C'est ce stock, limité, qui justifie la taxe comme signal dissuasif ciblé, et non comme levier de mobilisation massive.
La taxe vacance a été reformulée en deux régimes distincts, précisément pour répondre à la critique sur les propriétaires démunis. Les personnes morales (SCI, SCPI, fonds d'investissement) sont taxées dès le premier logement vacant : elles gèrent un portefeuille et font un choix délibéré. Les personnes physiques détenant plus de 3 logements relèvent du même régime progressif. En revanche, les propriétaires de 1 ou 2 logements (seniors, familles en succession, biens entre deux locataires) sont explicitement exemptés.